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Le marché immobilier en Essonne

Actualité immobilière : semaine du 27/11 au 03/12/2025

04/12/2025


Cette semaine, l’actualité immobilière en France tourne autour de quatre grands sujets :

  • des taux de crédit qui se stabilisent autour de 3–3,3 %,

  • une reprise confirmée du marché de l’ancien,

  • l’entrée en vigueur de la loi de simplification du droit de l’urbanisme et du logement,

  • et le vote par le Sénat d’un nouveau statut du “bailleur privé” dans le budget 2026.

Derrière ces mots techniques, il y a des impacts très concrets : coût de votre crédit, possibilité d’agrandir ou transformer un bien, fiscalité de la location, avenir des logements anciens. Ce résumé hebdo a un objectif simple : vous aider à comprendre, en quelques minutes, ce que cela change pour vos projets.

1. Ce qu’il s’est passé cette semaine

🏦 1. Taux de crédit : une stabilité confirmée autour de 3–3,3 %

Les baromètres publiés pour décembre 2025 montrent des taux moyens proches de 3,0–3,1 % sur 15 ans, 3,2–3,3 % sur 20 ans et 3,3–3,4 % sur 25 ans. On reste donc dans une zone de stabilité depuis plusieurs mois, avec des écarts selon les profils (revenus, apport, gestion des comptes). 

Ce qu’il faut comprendre

  • On n’est plus dans une phase de hausse brutale.

  • Les ménages peuvent se projeter plus facilement sur leurs mensualités.

  • Les meilleurs dossiers obtiennent encore des conditions un peu en dessous de la moyenne, mais la sélection reste stricte.

analyse des taux de crédit en décembre 2025

baromètre des taux immobiliers Meilleurtaux

🏠 2. Marché immobilier ancien : reprise réelle, mais à surveiller

Plusieurs analyses publiées ces derniers jours confirment une reprise du marché de l’ancien :

  • environ 921 000 transactions sur 12 mois, un plus haut depuis 2022,

  • des prix en légère hausse, autour de +0,7 % sur un an,

  • une demande en hausse d’environ 9 % sur un an selon certains baromètres. 

Dans le même temps, certains observateurs soulignent que cette reprise pourrait ralentir si les prix remontent trop vite par rapport aux revenus. 

Ce qu’il faut comprendre
Le marché de l’ancien est sorti du blocage connu en 2023–début 2024 : les ventes repartent, les acheteurs reviennent, mais

  • la hausse des prix reste modérée,

  • les écarts entre territoires sont très marqués,

  • et les biens mal placés, mal présentés ou trop chers restent plus difficiles à vendre.

Tendances récentes des prix de l’immobilier

🧱 3. Loi de simplification du droit de l’urbanisme et du logement : des procédures un peu plus fluides

La loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025 est désormais en vigueur. Elle vise à simplifier certaines procédures d’urbanisme et du logement :

  • possibilité de suspendre plus facilement un refus de permis de construire devant le juge en référé,

  • encadrement de certains recours,

  • assouplissements pour certains projets sur des constructions existantes,

  • recours élargi à la participation du public par voie électronique. 

Ce qu’il faut comprendre
Pour un particulier, cela peut signifier, à terme :

  • des délais un peu plus lisibles pour certains projets d’extension, de surélévation ou de rénovation,

  • un risque de blocage par recours abusif légèrement réduit.

Les effets resteront toutefois progressifs, et très dépendants de la façon dont chaque commune appliquera ces nouvelles règles.

texte officiel de la loi de simplification de l’urbanisme et du logement

décryptage de la loi de simplification de l’urbanisme par l’ANIL

🏘️ 4. Statut du “bailleur privé” : un nouveau cadre pour l’investissement locatif

Dans le cadre du budget 2026, le Sénat a adopté un nouveau statut du “bailleur privé”, déjà voté par l’Assemblée, mais encore en navette parlementaire. Ce statut prévoit en particulier :

  • un amortissement fiscal du bien (déduction progressive d’une partie de la valeur du logement),

  • un taux d’amortissement plus élevé pour les logements loués à loyer social ou très social,

  • des plafonds (amortissement plafonné à 80 % de la valeur, et à 8 000 € par an pour deux logements maximum).

En échange, le propriétaire doit s’engager sur :

  • une durée de location longue,

  • des loyers inférieurs au marché,

  • le respect de critères de performance énergétique.

Ce qu’il faut comprendre
Le dispositif n’est pas encore définitif (une commission mixte paritaire doit encore trancher certains points). Mais l’idée est claire :

encourager l’investissement locatif à loyers abordables, tout en tenant compte du DPE.

Pour les bailleurs, il s’agit potentiellement d’un nouvel outil fiscal, mais avec des contraintes réelles à intégrer dans les calculs de rentabilité.

Adoption du statut du bailleur privé par le Sénat

Budget 2026 et statut du bailleur privé

2. Ce que ça change pour vous

Vous vendez ou pensez vendre

  • La stabilité des taux et la reprise de l’ancien créent un contexte plus fluide : les projets sérieux ont plus de chances d’aboutir.

  • Les acheteurs comparent prix, localisation et DPE : un bien bien classé et correctement positionné en prix se démarque.

  • Si votre bien a un potentiel d’agrandissement ou de division, la nouvelle loi d’urbanisme peut être un atout… sous réserve de validation par la mairie.

Vous achetez avec un crédit

  • Les taux ne sont pas “bas”, mais ils ne s’envolent plus : cela permet de construire un budget stable à moyen terme.

  • Le vrai levier pour améliorer vos conditions reste la qualité de votre dossier (apport, endettement, stabilité pro, gestion des comptes).

  • Sur le marché, vous êtes dans un contexte de reprise prudente : la négociation reste possible, surtout si le bien nécessite des travaux énergétiques.

Vous êtes bailleur ou investisseur

  • Le futur statut du bailleur privé pourrait devenir une opportunité fiscale si vous acceptez :

    • des loyers encadrés,

    • un engagement dans la durée,

    • un logement correct sur le plan énergétique.

  • La reprise de l’ancien et la stabilisation des taux peuvent rendre certains projets plus lisibles, mais la rentabilité nette reste à étudier au cas par cas (travaux, fiscalité, charges).

Vous êtes locataire

  • Dans l’immédiat, ces mesures ne font pas baisser les loyers, mais le statut du bailleur privé a pour objectif de favoriser l’offre de logements à loyers “intermédiaires” ou sociaux.

  • Les effets concrets se verront plutôt à partir de 2026–2027, au rythme des nouveaux investissements.

3. Mise en perspective : comment lire ces actualités ?

Les signaux de la semaine vont tous dans le même sens : on sort d’une période de crise aiguë pour entrer dans une phase de rééquilibrage.

  • Les taux s’installent dans une zone de 3–3,5 % plutôt que 1–1,5 %.

  • Le marché de l’ancien se redresse, sans revenir dans une logique d’euphorie.

  • Les pouvoirs publics cherchent à fluidifier les procédures (urbanisme) tout en réorientant la fiscalité vers les logements abordables et performants.

Pour un particulier, le message à retenir n’est pas “il faut se précipiter”, mais plutôt :

  • raisonner à l’échelle locale (ville, quartier, type de bien),

  • intégrer le DPE et les travaux comme une donnée structurelle du projet,

  • rester attentif aux textes définitifs (en particulier pour le statut du bailleur privé).

En résumé : à retenir cette semaine

  • Taux de crédit stabilisés : autour de 3–3,3 %, ce qui redonne de la visibilité aux acheteurs sans revenir aux taux d’avant-crise.

  • Immobilier ancien en reprise : plus de transactions, prix en légère hausse, mais une situation contrastée selon les territoires.

  • Loi de simplification de l’urbanisme en vigueur : certains projets d’extension ou de rénovation pourraient être un peu plus simples à faire aboutir.

  • Statut du bailleur privé en bonne voie : un nouveau cadre fiscal pour les bailleurs qui acceptent des loyers encadrés et des engagements de durée.

Conclusion

Le marché immobilier français est entré dans une phase de normalisation : moins de blocages, plus de visibilité, mais aussi davantage d’exigences (DPE, fiscalité, procédures).

Que vous soyez propriétaire, acheteur, bailleur ou locataire, l’enjeu est de rester informé et de raisonner avec ces nouvelles constantes. En cas de projet concret, il peut être utile d’échanger avec un professionnel de l’immobilier (conseiller, notaire, banquier) pour confronter ces tendances nationales à la réalité de votre secteur et obtenir, si besoin, un avis de valeur adapté à votre bien.

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Thibaut BOURDEAUX
Thibaut BOURDEAUX
Conseiller Capifrance